Nombreuses sont les personnes présentes dans cette salle ou qui suivent ce téléthon aujourd’hui et qui ont la chance d’avoir encore – et je le leur souhaite pendant très longtemps encore -, tout près d’elles, en tout cas pas loin d’elles, un père et une mère,
Ceci est tellement important que ces personnes peuvent dire un grand merci au tout puissant Allah, pour leur avoir et conserver ce bonheur là,
Encore plus nombreuses sont ces mêmes personnes qui ont leurs pères et mères avec elles, qui peuvent dire merci pour être en parfaite santé physique, mentale et pour certaines d’entre elles qui ont le bonheur d’aller travailler tous les jours, de gagner des revenus corrects et de ne jamais dépendre ni de l’Etat, ni de leurs parentes, ni de personnes d’autres qu’elles mêmes,
Ces personnes là peuvent également remercier le bon dieu pour ce bonheur qu’elles connaissent encore,
Par contre, par contre, hélas, par contre…
Mesdames et Messieurs,
Vous le savez tous, pour le vivre tous les jours autour de vous, pas loin de vous et si près de vous que voir des gens qui n’ont plus ni père ni mère mais qui doivent malgré tout vivre et continuer de vivre, malgré la douleur qu’elles ressentent à la suite ou à l’occasion de la disparition de leurs pères et mères, des êtres si chers et irremplaçables à jamais,
Vous savez également que bien de personnes ne sont pas ou ne sont plus en possession de toutes leurs facultés psychiques, mentales, intellectuelles, physiques,
Ces personnes là sont les plus à protéger dans notre pays, en raison de tout ce qui leur manque pour être comme nous, comme tous ceux qui suivent ce Téléthon ici et ailleurs,
Dieu sait que notre pays qui fait déjà partie de ces pays qui fournissent d’énormes efforts pour venir en aide et pour assister ces personnes handicapées, souvent pauvres et démunies fournit des efforts,
Ces efforts qui sont ceux de l’Etat, des pouvoirs publics et de tous les partenaires, bien que salutaires ne suffisent pas et ne suffiront jamais pour enrayer, je veux dire endiguer le handicap, un phénomène de la nature, combattre la pauvreté qui est handicapante, malheureusement à l’origine de l’indigence, du mal être,
Alors, les questions que je me pose ce soir et que je suis tenté de vous poser sont celles-ci :
- Pouvons nous ou devons nous rester loin de tout cela parce que l’on est simplement mieux portant aujourd’hui, sans aucune assurance de se porter aussi mieux demain et tous ses lendemains ?
- Devons nous rester sans le geste à l’endroit de tous ceux qui vivent moins bien que nous, sans élan de solidarité à leur endroit ?
- Pourrions nous résister pendant plus longtemps de voir le mal se répandre, le handicap s’élargir, la maladie ronger nos semblables qui ont mal, tellement plus mal au point de ne plus pouvoir pousser un cri, un simple cri, pour se plaindre, mais se plaindre de qui, de quoi et pourquoi d’ailleurs ?
Mesdames et Messieurs, la vie ici bas n’est elle déjà pas si courte pour que l’on vienne en aide à son prochain, lui porter secours et assistance comment à tous ceux qui en ont besoin et qui ne sont plus à même d’exprimer la simple demande ?
Mesdames et Messieurs, je voudrais vous parler de handicap, d’un handicap qui est né en moi, chez moi, dans ma cour, la cour de ma famille,
Je voudrais vous parler de handicap vaincu mais qui n’a jamais vaincu,
Je voudrais vous parler de handicap vécu mais repoussé, à la force du poignet, par la résistance, la force de la résistance,
Mesdames et Messieurs, je voudrais vous parler de handicap qui ne m’a pas enlevé cette chance et ce bonheur d’être le fils, le fils d’un père mais un père handicapé,
Je voudrais vous parler du bonheur que je ressens d’être le fils du père qui m’a éduqué comme un père, normal, presque normal,
Je voudrais vous parler de handicap et de handicapé, un handicapé chef de famille, de handicap et de handicapé, un handicapé père de famille, une famille de cinq enfants qu’il a élevés comme un père, normal, presque,
Je voudrais vous parler de handicap et de handicapé, un handicapé, mari d’une femme, présente comme une épouse, comme une mère aimée et aimante,
Je voudrais vous parler non pas de moi ce soir, mais de mon père handicapé, de ma famille comme des gens normaux, presque,
En vous parlant de tout cela, je ne voudrais pas vous parler que de moi, de ma famille, de mon père, du handicap,
Je voudrais plutôt vous parler de tous les handicapés, de tous les indigents, de tous les pauvres, de tous les démunis, de tous les faibles,
Je voudrais Mesdames et Messieurs vous parler de ce que nous devrions faire pour ces personnes là, pour qu’elles se sentent mieux, un peu mieux qu’elles ne sont jusque là, je voudrais qu’elles se sentent un peu, un tout petit peu mieux que nous pourrions et devrions faire,
Je voudrais enfin vous dire l’engagement qui doit être le nôtre à l’endroit de ces hommes et femmes, handicapés mais dévoués, malades mais encore en vie, pauvres mais encore dignes,
Aider, assister et porter secours…
Ceci est le crédo de la Fondation de mon père et, j’ai pensé qu’en venant prendre la parole ce soir devant vous, je pouvais contribuer à la réalisation de cet objectif là,
Pour ma part, je fais don de la somme de Un Million de Quatre Cent Mille Francs CFA pour que quelques enfants mal déjà, vivent plus longtemps dès qu’ils mangeront un peu plus qu’ils ne mangent déjà, mais toujours moins que de nombreux autres enfants, dès qu’ils auront envie d’aller à l’école parce que se trouvant désormais en bien meilleure santé pour aller à la quête du savoir et de l’éducation,
Pour que demain, un de ses enfants puisse raconter son histoire comme une histoire et non comme un rêve mais une réalité,
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BARRY SIDI MOHAMED
19 juil 2010
une très bonne intervention, j’ai failli pleurer
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Aicha
19 juil 2010
C’était très beau…on est fier de toi…love you grand-frère